TAM Groupe : construction durable et connectée en France

TAM Groupe mise sur la construction durable et connectée. Ce que ce positionnement révèle pour les dirigeants du secteur BTP et de la construction en 2026.

TAM Groupe : construction durable et connectée en France

Anthony Bertuglia, dirigeant de TAM Groupe, était l’invité de L’Hebdo des PME sur BFM Business le 20 juin 2026. Son sujet : la construction durable et connectée. Ce positionnement n’est pas anodin. Il dit quelque chose sur l’état du secteur BTP en France, et sur les arbitrages que doivent faire les dirigeants de PME qui évoluent dans ce domaine.

TAM Groupe : quel positionnement ?

TAM Groupe se présente comme un acteur de la construction qui intègre deux dimensions souvent traitées séparément : la durabilité environnementale et la connectivité numérique des bâtiments.

Concrètement, cela recouvre plusieurs réalités dans le secteur :

  • Des matériaux et procédés moins carbonés, alignés sur les objectifs RE2020
  • L’intégration de capteurs, de systèmes de gestion technique du bâtiment (GTB) et de solutions IoT
  • Une approche qui vise à réduire la consommation énergétique sur le cycle de vie du bâtiment, pas seulement à la livraison

Ce type de positionnement répond à une pression réglementaire croissante. La réglementation environnementale RE2020, entrée en vigueur en janvier 2022, impose des seuils carbone de plus en plus stricts sur les constructions neuves. Les acteurs qui n’anticipent pas cette transformation structurelle se retrouvent hors marché.

Ce que ça change pour les dirigeants du BTP

Pour un dirigeant de PME dans le bâtiment, ce virage durable-connecté n’est pas qu’un argument marketing. Il a des implications directes sur la gestion, la structure de coûts et le modèle d’affaires.

Sur les investissements et le financement. Intégrer des technologies connectées et des matériaux bas-carbone coûte plus cher à court terme. Il faut anticiper un besoin en fonds de roulement plus élevé sur les premières phases de projet. La gestion de trésorerie devient un enjeu central : les délais de paiement dans le BTP sont structurellement longs, et un surcoût à l’approvisionnement peut fragiliser une TPE ou PME qui n’a pas de matelas de cash.

BPI France propose plusieurs dispositifs d’aide à l’innovation et à la transition écologique pour les PME industrielles et du bâtiment. C’est une piste à explorer avant de s’endetter en crédit bancaire classique.

Sur la structure juridique. Une PME qui monte en gamme sur des projets complexes (bâtiments connectés, certifications HQE ou BREEAM, contrats de performance énergétique) doit vérifier que sa forme juridique et ses statuts lui permettent d’absorber les risques associés. La SAS reste la forme la plus flexible pour ce type de croissance, notamment si tu cherches à lever des fonds ou à ouvrir le capital à des partenaires industriels.

Sur la facturation et la conformité. Des projets plus complexes, c’est aussi des contrats plus longs, des situations de travaux, des avenants. La rigueur sur les mentions obligatoires de tes factures et sur le suivi des situations intermédiaires devient critique pour éviter les litiges et les retards de paiement.

La construction connectée : un marché en structuration

Le secteur du bâtiment connecté est encore en phase de structuration en France. Les grands donneurs d’ordre (promoteurs, bailleurs sociaux, collectivités) intègrent de plus en plus des critères numériques dans leurs appels d’offres : maquettes BIM (Building Information Modeling), passeport numérique du bâtiment, suivi en temps réel des chantiers.

Pour une PME comme TAM Groupe, se positionner tôt sur ces critères, c’est se rendre éligible à des marchés qui seront de plus en plus réservés aux acteurs capables de produire de la donnée sur leurs ouvrages.

C’est un phénomène qu’on retrouve dans d’autres secteurs industriels. Les drones anti-drones et les start-ups deep tech françaises qui recrutent massivement suivent la même logique : se structurer avant que le marché ne l’exige, pour ne pas subir la transition mais en tirer parti.

D’autres PME passées dans L’Hebdo des PME le même jour

L’émission du 20 juin 2026 présentait plusieurs autres dirigeants de PME, chacun sur un créneau différent :

  • Aimé Cénac (SPS) : l’externalisation des processus métiers, un levier de réduction de coûts fixes pour les PME
  • Yann Fandalor (Fandalor Conseils et Patrimoine) : la gestion de patrimoine personnalisée pour les dirigeants, un sujet que j’ai traité en lien avec la protection du patrimoine personnel de l’entrepreneur
  • Junxing Huang (CycleWatt) : la seconde vie des batteries de véhicules électriques, un modèle circulaire qui intéresse aussi les flottes d’entreprise
  • Michael Benhaim (NEOMIS) : la formation sécurité au travail, une obligation légale souvent sous-estimée par les dirigeants de PME

Ces portraits illustrent la diversité des modèles de PME françaises en 2026 : services externalisés, économie circulaire, conformité réglementaire, patrimoine du dirigeant. Des sujets très concrets, qui ont tous un impact direct sur la gestion quotidienne d’une entreprise.

Mon avis

TAM Groupe illustre une réalité que je vois souvent : les PME qui survivent aux cycles économiques sont celles qui anticipent les contraintes réglementaires comme des opportunités de différenciation. La RE2020, le BIM, la connectivité du bâtiment, ce ne sont pas des contraintes supplémentaires, ce sont des barrières à l’entrée que tu peux transformer en avantage concurrentiel si tu t’y prends avant tes concurrents. Ce qui manque souvent aux dirigeants du BTP, ce n’est pas la vision technique, c’est l’accompagnement sur la structure financière et juridique pour absorber ce type de transformation. C’est là que l’expert-comptable et le conseil juridique font la différence.

Information & avertissement

Cet article est rédigé à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou comptable personnalisé. Les règles évoquées (RE2020, structures juridiques, financement) sont susceptibles d’évoluer. Consulte un expert-comptable, un avocat ou un conseiller en gestion d’entreprise pour toute décision engageant ta responsabilité ou ta structure.

FAQ

Qu’est-ce que la construction durable et connectée concrètement ?

C’est l’intégration, dès la conception, de matériaux bas-carbone, de systèmes numériques de gestion technique (capteurs, IoT, GTB) et d’une approche sur le cycle de vie complet. La réglementation RE2020 en France rend cette démarche progressivement obligatoire pour les constructions neuves.

La RE2020 s’applique-t-elle aux PME du BTP ?

Oui, la RE2020 s’applique à tous les acteurs qui construisent ou rénovent des bâtiments soumis à permis de construire en France, quelle que soit la taille de l’entreprise. Les seuils carbone se resserrent par étapes jusqu’en 2031.

Quel financement pour une PME du bâtiment qui veut se transformer ?

BPI France propose des prêts à l’innovation et des aides à la transition écologique dédiés aux PME. L’ADEME dispose aussi de dispositifs pour les projets à impact environnemental. Ces aides sont cumulables sous conditions avec des crédits bancaires classiques.

Quelle structure juridique pour une PME BTP en croissance ?

La SAS est généralement la plus adaptée pour une PME qui veut lever des fonds ou ouvrir son capital. L’EURL ou la SASU conviennent mieux aux structures unipersonnelles. Le choix dépend aussi du régime fiscal et de la stratégie de rémunération.

L’Hebdo des PME sur BFM Business, c’est quoi ?

C’est une émission hebdomadaire de BFM Business qui donne la parole à des dirigeants de PME françaises pour présenter leur activité, leur marché et leur modèle. Un format court utile pour suivre ce que font les PME innovantes en France.

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